Premier abattage

October 25th, 2010 par Raphael | Posté dans Abattage

Le moment est venu il y a quelques semaines pour amener l’une de nos bêtes à l’abattoir : celle que nous appelons “Dock”. Avec mon ami Kevin nous avons donc chargé l’animal vers 6 heures du matin dans une petite bétaillère et nous avons pris la direction de l’abattoir de Vendôme.

C’est avec un certain pincement de cœur que nous j’ai déposé la bufflonne dans le parc pour qu’elle soit emmenée dans le couloir vers l’abattage. C’était la première fois que je me rendais dans un abattoir et j’étais un peu écoeuré par cette industrie de la tuerie. Et encore il y a plus grand comme abattoir. Mais c’était le côté insensible de cet établissement qui n’était là que pour tuer qui m’a un peu dégoûté. Je n’ai rien contre tuer des animaux pour la consommation, mais je trouve que cela doit avec fait avec grand respect voire même avec révérence. Après tout on prend une vie, même si c’est une vie animale. Bien sûr l’abattoir respecte toutes les normes en vigueur en ce qui concerne les conditions d’abattage des bêtes, mais néanmoins j’ai ressenti comme une froide brutalité chez ces hommes qui ne font cela qu’à longueur de journée. C’est une question d’échelle, comme beaucoup de problèmes dans notre société. Auparavant les animaux étaient tués dans les fermes ou chez les bouchers dans des conditions plus saines à mon sens. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet…

J’ai remis les papiers au bureau de l’abattoir et ils m’ont rendu un récépissé sur lequel on avait coché la case “Bison”. Le buffle ne figurait pas dans les catégories connues et le directeur m’a assuré que c’était la première fois qu’ils abattaient cet animal, “mais ça l’air d’être fait comme une vache”. Tout irait bien.

J’ai demandé a reprendre le cuir puisque je voulais le faire tanner ; je suis donc revenu à l’abattoir le lendemain chercher la peau que l’on avait abondamment salée. Je l’ai mise à suinter quelques jours puis je l’ai emballée et envoyée en Bretagne chez un artisan qui fait du tannage de cuirs au naturel.

La carcasse a été livrée chez un charcutier à La Chartre sur le Loir, 316 kg au total, qui m’a fait l’ensemble de la découpe et j’ai repris la viande en caissettes bien rangée et j’en ai congelé la majeure partie.

Au niveau de la qualité de la viande nous n’avons pas été déçus : elle est tendre, juteuse et savoureuse. Il n’y a aucun goût qui la distingue de la viande bovine.

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